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2018 – Métropoles et villes intermédiaires en Europe : confrontations ou alliances territoriales ?

Vendredi 21 septembre 2018 Pau, Centre des congrès Pau Palais Beaumont

INSCRIPTION EN LIGNE

EUROPA et la FNAU (Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme) préparent actuellement ensemble, sous l’égide de Giuseppe BETTONI 1er Vice-président de notre ONG, une conférence européenne sur le thème : « Des métropoles et des villes intermédiaires en Europe : confrontations ou alliances territoriales ? ».

Ce colloque qui se déroulera à Pau au Centre des congrès du Palais Beaumont, le vendredi 21 septembre 2018, est placé sous le patronage du Conseil de l’Europe, et bénéficie du soutien de la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées et de la Ville de Pau, de la Communauté d’Agglomération du Pays-Basque, de l’Agence d’Urbanisme Atlantique et Pyrénées, et du département des Pyrénées Atlantiques.

En outre, il est à noter que plusieurs acteurs publics, économiques et industriels de la Région Nouvelle-Aquitaine et du département des Pyrénées Atlantiques, réunis au sein d’un Club des Partenaires, sont associés à la conférence portée par EUROPA et la FNAU.

En effet, les sujets traités à l’occasion de chacune des trois tables rondes de ce colloque font directement écho aux préoccupations des décideurs publics – élus ; responsables administratifs – mais également des professionnels du secteur de l’urbanisme, des acteurs économiques, pour lesquels l’attractivité du territoire est une des conditions de leur développement économique, et surtout des citoyens pour lesquels la « qualité de vi(ll)e » est essentielle.


Problématique

La conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable « Habitat III » s’est déroulée à Quito, en Équateur, du 17 au 20 octobre 2016. Elle a été l’occasion pour les représentants des 167 pays présents d’adopter un Nouvel Agenda urbain, basé sur l’agenda d’Habitat II, qui s’est tenu à Istanbul en 1996. Dans le cadre tracé par ce nouvel agenda urbain, les États membres se sont engagés à travailler sur l’insertion sociale et la lutte contre la pauvreté ; la prospérité urbaine et l’égalité des chances pour tous ; un développement urbain durable et une résilience maîtrisée au niveau environnemental. Le nouvel agenda urbain définit également les conditions d’une mise en œuvre efficace de ces priorités : mise en place de cadres stratégiques au niveau local, national et infranational ; programme participatif ; coopération internationale ; renforcement des capacités et partage des bonnes pratiques, des politiques et des programmes entre gouvernements à tous les niveaux.

Toutefois, cette série d’engagements n’est assortie d’aucun plan opérationnel, d’aucun objectif ou indicateur à respecter pour les États membres ou autres décideurs politiques. Alors même que le document doit avoir une portée internationale, sa mise en œuvre n’est pas obligatoire. Simultanément, le fait métropolitain est aujourd’hui un phénomène en très large expansion en Europe et dans le monde (Londres, Paris, Berlin, Madrid, Rome… ailleurs Tokyo, New-York), alors même que la définition de la métropole reste posée : comment caractériser des réalités aussi complexes et dissemblables en l’absence de critère(s) indiscutable(s) ?

Cette incertitude qui entoure la notion de métropole se retrouve dans la distribution des pouvoirs, dans les systèmes de gouvernance de ces grands ensembles, dans les fonctions collectives qui leurs sont confiés, dans les moyens dont ils disposent, dans la place laissée aux citoyens… Ce phénomène de métropolisation à l’échelle mondiale n’est pas en soit un signe nécessairement positif pour l’individu. Le « droit à la ville » pour tous ne veut pas dire la même qualité de ville pour tous et encore moins la même qualité de vie. Ainsi, réfléchir à la ville européenne, telle que la définissait Patrick LE GALES (Le retour des Villes européennes 2003) peut offrir un point de départ à la réflexion portant sur le fait métropolitain : qu’est-ce la Ville en Europe ou selon l’Union Européenne ? Comment apprécier les « avantages » ou les bénéfices des métropoles à l’aune des objectifs de la conférence « Habitat III » ?

Simultanément, et en marge des métropoles, un nouvel acteur de l’espace urbain émerge : les villes moyennes ou intermédiaires. Ces dernières entretiennent avec les métropoles des rapports complexes :

  • empreints de concurrence et générateur de confrontations, les métropoles captant les principaux centres de décision politique et économique ;
  • mais également de complémentarité dans la mesure où l’asphyxie dont souffrent à terme les métropoles amènent leurs habitants à se tourner vers les villes intermédiaires pour retrouver « une qualité de ville » et une « qualité de vie ».

Ce colloque a pour objectif de clarifier un certain nombre de points au sujet de la définition même de la métropole/de l’ensemble métropolitain (table ronde n°1) pour ensuite se concentrer sur les relations entre les métropoles et les villes intermédiaires : relation de concurrence ou de complémentarité voire même de coopération ? (table ronde n°2). Ces deux premiers points devraient laisser apparaître la nécessité d’instance ou de lieux de réflexion et d’élaboration stratégique sur l’évolution des métropoles dont les Agences de l’Urbanisme, en France, peuvent représenter un exemple (table ronde N°3).

Table ronde 1 : La ville européenne dans tous ses « États »

La « ville métropolitaine », la métropole, l’« aire métropolitaine », les pôles métropolitains, les « régimes urbains »… sont autant de termes désignant un même phénomène urbain de concentration des fonctions, des pouvoirs, des richesses, etc. Ce phénomène se heurte à l’impossibilité de dégager des critères de définition novateurs, efficients et partagés. Ceci est vrai, même en Europe où le métropolisation désigne des réalités très différentes. Peut-on essayer de dégager des critères d’identification partagés ou des caractéristiques communes à certains modèles de métropoles qui permettent d’en dresser une typologie ?
Dans un autre registre, les acteurs publics peuvent définir les aires métropolitaines comme incluant des zones urbanisées et des espaces ruraux, l’idée étant que le développement de la ville profite au reste du territoire. Ce phénomène, désigné sous le terme de « ruissellement métropolitain », ne se réalise pas de manière automatique et systématique. Dans ces conditions, est-il pertinent de continuer à associer ces deux dimensions géographiques au sein de l’espace urbain ? Ou bien devons-nous travailler séparément sur ces deux réalités ?

Tables ronde 2 : Les villes intermédiaires : nouvel acteur de l’espace urbain ?

En marge des métropoles, un nouvel acteur de l’espace urbain émerge : les villes moyennes ou intermédiaires. Quel rôle donner à ces acteurs, situé en proximité des métropoles, et quels rapports entretenir avec ces dernières ? Rapport de concurrence (la concurrence ne se joue pas forcément au détriment des villes intermédiaires : le développement extrêmement rapide des métropoles entraîne un phénomène de saturation, d’asphyxie, sensible notamment dans le secteur de l’immobilier, rallonge les temps de transports, dégrade la qualité de vie) ? De coopération, voire de complémentarité ? Sur la base des différentes typologies dégagées dans la première table ronde, quels sont les facteurs de développement, d’accélération de l’essor des villes moyennes ? Quelle place pour les citoyens dans le phénomène d’essor de ces nouvelles formes urbaines ? Comment conforter la place des villes intermédiaires ? A l’inverse, quels sont les freins à leur développement ?

Table ronde 3 : Régie des villes : action !

Si l’on accepte l’idée d’une légitimité des métropoles et des villes intermédiaires comme espaces de production de richesse et de démocratie politique, il faut alors s’interroger sur leurs relations – formalisées ou non ; directes ou médiatisées – avec l’Europe et les organisations internationales gouvernementales au niveau mondial.
La question est alors posée de conduire une réflexion commune sur le rôle des métropoles comme acteurs de la gouvernance européenne. Il n’existe pas aujourd’hui de structures permettant de poser lucidement et de manière dépassionnée les éléments du débat. Les agences d’urbanisme « à la française » proposent, dans cette perspective, un cadre de réflexion et de discussion intéressant. Existe-t-il des équivalents en Europe ? D’autres modèles dont on pourrait s’inspirer ? Faut-il imaginer une instance d’ingénierie et d’accompagnement européenne sur la création et l’évolution des métropoles ?


Ateliers participatifs et collaboratifs

Dans le cadre de ce colloque, seront également organisés trois ateliers participatifs et collaboratifs destinés à approfondir, enrichir, et complémenter les thématiques abordées lors de cette journée d’étude, et à parvenir à une série de propositions d’actions concrètes ou de recommandations sur les relations entre métropoles et villes intermédiaires. Celles-ci feront l’objet d’une restitution en séance.

  • Atelier n°1 : Métropoles et villes intermédiaires : quelles réponses aux enjeux de mobilité ?
  • Atelier n°2 : Métropoles et villes intermédiaires : comment parvenir à un développement territorial soutenable ?
  • Atelier n°3 : Métropoles et villes intermédiaires : comment construire un développement économique équilibré ?