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EUROPA et la FNAU (Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme) préparent actuellement ensemble, sous l’égide de Giuseppe BETTONI 1er Vice-président de notre ONG, un colloque sur le thème : « La métropole en Europe et dans le monde : espace de confrontation de cultures, de production d’identités et de création de richesses ? ».

Ce colloque qui se déroulera à Pau au Centre des congrès du Palais Beaumont, fin mai 2018, est organisé avec le soutien de la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées et de la Ville de Pau dans le cadre d’un Comité de Pilotage dont la composition est la suivante :

Comité de Pilotage :

  • Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées et Ville de Pau 
    • Jean-Paul BRIN : Premier Adjoint au Maire, en charge de la coordination générale et de l’urbanisme
    • Philippe BERNARD-REYMOND, Directeur Urbanisme, Aménagement et Constructions Durables
  • Fédération Nationale des Agences de l’Urbanisme :
    • Brigitte BARIOL-MATHAIS, Déléguée générale de la FNAU,
    • Marianne MALEZ, Chargé de mission « International et Ville durable »
  • EUROPA :
    • Giuseppe BETTONI, Premier Vice-président d’EUROPA, Professeur de géographie politique et de géopolitique, Département d’histoire, Université de « Roma Tor Vergata »
    • Michel SENIMON, Délégué Général d’EUROPA, DGA-DRH de l’Université de Limoges
    • Christophe BONNOTTE, secrétaire général d’EUROPA, Maître de conférences en droit public, Université de Limoges.

Problématique (en cours de développement et de validation)

La conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable « Habitat III » s’est déroulée à Quito, en Équateur, du 17 au 20 octobre 2016. Elle a été l’occasion pour les représentants des 167 pays présents d’adopter un Nouvel Agenda urbain, basé sur l’agenda d’Habitat II, qui s’est tenu à Istanbul en 1996. Dans le cadre tracé par ce nouvel agenda urbain, les États membres se sont engagés à travailler sur l’insertion sociale et la lutte contre la pauvreté ; la prospérité urbaine et l’égalité des chances pour tous ; un développement urbain durable et une résilience maîtrisée au niveau environnemental.

Le nouvel agenda urbain définit également les conditions d’une mise en œuvre efficace de ces priorités : mise en place de cadres stratégiques au niveau local, national et infranational ; programme participatif ; coopération internationale ; renforcement des capacités et partage des bonnes pratiques, des politiques et des programmes entre gouvernements à tous les niveaux. Toutefois, cette série d’engagements n’est assortie d’aucun plan opérationnel, d’aucun objectif ou indicateur à respecter pour les États membres ou autres décideurs politiques. Alors même que le document doit avoir une portée internationale, sa mise en œuvre n’est pas obligatoire.

Simultanément, le fait métropolitain est aujourd’hui un phénomène en très large expansion en Europe et dans le monde (Londres, Paris, Berlin, Madrid, Rome… ailleurs Tokyo, New-York), alors même que la définition de la métropole reste posée : comment caractériser des réalités aussi complexes et dissemblables en l’absence de critère(s) indiscutable(s) ?

Cette incertitude qui entoure la notion de métropole se retrouve dans la distribution des pouvoirs, dans les systèmes de gouvernance de ces grands ensembles, dans les fonctions collectives qui leurs sont confiés, dans les moyens dont ils disposent, dans la place laissée aux citoyens…

Ce phénomène de métropolisation à l’échelle mondiale n’est pas en soit un signe nécessairement positif pour l’individu. Le « droit à la ville » pour tous ne veut pas dire la même qualité de ville pour tous et encore moins la même qualité de vie. Ainsi, réfléchir à la ville européenne, telle que la définissait Patrick LE GALES (Le retour des Villes européennes 2003) peut offrir un point de départ à la réflexion portant sur le fait métropolitain : qu’est-ce la Ville en Europe ou selon l’Union Européenne ? comment apprécier les « avantages » ou les bénéfices des métropoles à l’aune des objectifs de la conférence « Habitat III » ?

Ce colloque a pour objectif de clarifier un certain nombre de points au sujet de la définition même de la métropole/de l’ensemble métropolitain (table-ronde n°1) pour ensuite se concentrer sur le rôle politique, économique et social des métropoles (table-ronde n°2). Ces deux premiers points devraient laisser apparaître la nécessité d’instance ou de lieux de réflexion et d’élaboration stratégique sur l’évolution des métropoles dont les Agences de l’Urbanisme, en France, peuvent représenter un exemple (table-ronde N°3).

Table-ronde 1 : La ville européenne dans tous ses « États »

La « ville métropolitaine », la métropole, l’ « aire métropolitaine », les pôles métropolitains, les « régimes urbains »…sont autant de termes désignant un même phénomène urbain de concentration des fonctions, des pouvoirs, des richesses etc… Ce phénomène se heurte à l’impossibilité de dégager des critères de définition novateurs, efficients et partagés. Ceci est vrai, même en Europe où le métropolisation désigne des réalités très différentes selon les exemples retenus (Londres, Paris, Berlin, Rome Madrid… ou encore et pour ne pas citer que des capitales nationales : Dijon Métropole, Clermont Auvergne Métropole…). Peut-on essayer de dégager, à défaut d’une définition commune, des critères d’identification partagés ou des caractéristiques communes à certains modèles de métropoles qui permettent d’en dresser une typologie ?

Dans un autre registre, les acteurs publics peuvent définir les aires métropolitaines comme incluant des zones urbanisées et des espaces ruraux, l’idée étant que le développement de la ville (pourvu que celui-ci se manifeste toujours et partout) profite au reste du territoire. Ce phénomène, désigné sous le terme de « ruissellement métropolitain » (ou « percolation » ?), ne se réalise pas de manière automatique et systématique, et, lorsqu’il a lieu, survient grâce à l’intervention des pouvoirs publics. Dans ces conditions, est-il pertinent de continuer à associer ces deux dimensions géographiques au sein de l’espace urbain ? Ou bien devons-nous travailler séparément sur les deux réalités ? Dans les deux cas quels seraient des instruments idéaux d’intervention ? Avec quelles modalités de gouvernance ?

Tables-ronde 2 : Les villes : nouvel acteur en quête de rôle(s) ?

Les Etats-Unis peuvent offrir un exemple pour l’Europe d’une forme d’économie métropolitaine, dans laquelle l’économie nationale est portée par des métropoles en réseau, productrices de richesses. Ce modèle peut-il prendre racine en Europe ? Quelle place, quel rôle politique donner aux métropoles pour faire pendant à leur rôle économique ? comment (et même peut-on ?) s’appuyer sur les métropoles comme instrument de redynamisation de la gouvernance politique à l’échelle nationale et européenne ?

Dans un contexte où les Etats-Nations sont en Europe en quête d’un modèle politique, oscillant entre un Etat interventionniste ou simplement ramené à un rôle de régulation, centré sur les fonctions régaliennes, les métropoles peuvent-elles offrir une troisième voie permettant à la fois d’offrir un espace démocratique renouvelé, dépassant les égoïsmes nationaux et les aspirations irrédentistes, créant des ponts entre les peuples, lorsqu’elles entretiennent des relations en réseau.

Les métropoles offrent-elles un nouvel espace de définition et de mise en œuvre des politiques publiques, tenant compte des ruptures pouvant exister entre territoires urbains et territoires ruraux, et, au sein même des villes, entre zones de prospérité et territoires dévitalisés, déclassés dont les populations rencontrent des difficultés économiques, sociales aiguës… ?

Table-ronde 3 : Régie des villes : action !

Pluralité de modèles, de mode de gouvernance, de compétences, de moyens etc. La question est alors posée de conduire une réflexion commune sur le rôle des métropoles comme acteur de la gouvernance européenne. Il n’existe pas aujourd’hui de structures permettant de poser lucidement et de manière dépassionnée, les éléments du débat. Les agences d’urbanisme « à la française » proposent, dans cette perspective, un cadre de réflexion et de discussion intéressant.

Existe-il des équivalents en Europe ? D’autres modèles dont on pourrait s’inspirer ? Faut-il imaginer une instance d’ingénierie et d’accompagnement européenne sur la création et l’évolution des métropoles ?