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La protection sociale en Europe – 2002

Le principe de la protection sociale, mutualisée au niveau professionnel ou national est né en Europe à la fin du 19ème siècle en réaction à l’apparition d’une misère ouvrière importante lors de l’industrialisation. Le développement de risques sociaux (accidents du travail, maladie, chômage,…) compromettant la sécurité économique des individus, a favorisé la mise en place d’une protection sociale publique, visant à protéger tous les individus. La première forme de protection sociale est le système d’assurance sociale mis en œuvre en Allemagne par le Chancelier Bismarck en 1883. La deuxième forme de protection sociale est le système de sécurité sociale mis en œuvre en Grande Bretagne, sous l’influence de l’économiste Beveridge en 1945.

Aujourd’hui, la protection sociale dans les pays européens est relativement généreuse, les dépenses de protection sociale représentant en moyenne 27,7% PIB. La construction européenne a favorisé cette convergence vers le haut des systèmes de protection sociale européens. Toutefois il est encore nécessaire de parler DES systèmes de protection sociale européens et non d’un système, car les Etats de l’Union Européenne ont engagé très peu d’efforts d’harmonisation de ceux-ci. Ainsi, l’importance donnée aux différents risques reste variable selon les pays.

Aujourd’hui toutefois, les pays européens sont confrontés à des défis communs (vieillissement de la population, montée des inégalités et de l’exclusion, mutation du marché du travail, problème de financement de la protection sociale suite à l’augmentation des dépenses). Tous les pays sont donc contraints d’adapter les systèmes de protection sociale aux modifications de l’environnement social et économique des années 2000. Les réformes visent toutes plus ou moins les mêmes objectifs, à savoir une rationalisation des systèmes souvent par un contrôle des dépenses et une modification du mode de financement avec le renforcement de la place des contributions publiques. Chaque pays essaie toutefois d’adapter ses propres réformes à sa tradition politique, économique et sociale.

Après une présentation générale des systèmes de protection sociale européens dans une logique comparative, chaque pays fait l’objet d’une monographie, reprenant les principes généraux du système, et les quatre grands risques (maladie, retraite, famille, chômage). Il est précisé que ces monographies concernent principalement le régime général, les régimes spéciaux notamment celui des agents publics étant étudiés dans le cadre de la rubrique “Les services publics dans l’Union européenne et les pays de l’Europe centrale et orientale”.