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2009 – Culture et politiques publiques culturelles en Europe : quelles valeurs à préserver en temps de crise ?

Vendredi 20 novembre 2009 – Limoges, salle d’assemblée du Conseil régional du Limousin.

colloque-EUROPA-2009

Ce colloque soutenu par :

  • la Région Limousin,
  • l’Université de Limoges (Faculté de Droit et OMIJ),
  • le Ministère de la Culture et de la Communication,
  • le CNFPT,
  • CNP-Assurances,
  • la GMF,
  • la SMACL,
  • la MNFCT,
  • la Gazette des Communes,

a constitué la treizième édition des entretiens universitaires réguliers sur l’administration en Europe, qu’EUROPA a initiés depuis 1997.


Problématique arrêtée par le Conseil Scientifique

Réserve faite des actions de mécénat public, la culture n’est qu’assez tardivement identifiée comme
politique publique de l’Etat et plus encore des collectivités territoriales, correspondant à un besoin
collectif et remplissant, par conséquent, une fonction de cohésion économique, sociale, territoriale,
et, de manière particulière, identitaire. La notion même de culture est pourtant équivoque, puisque la
représentation que s’en fait chaque Etat est spécifique.

Le développement des politiques publiques culturelles en Europe s’est réalisé selon des modalités et
des formes différentes selon les Etats, leur modèle d’organisation politique, leur culture administrative,
la place reconnue aux acteurs publics, le rôle attribué à l’Etat, les conceptions nationales relatives au
statut de l’artiste et de la culture. Le fil conducteur du colloque de 2009 sera donc l’ambivalence
de la culture, bien commun ou enjeu de politique culturelle, vecteur d’un nouveau droit ou support
de nouvelles marchandises, dernier bastion de la liberté de création et de l’indépendance face au
pouvoir politique ou nouveau champ de concurrence… L’introduction permettra de s’interroger sur le
caractère univoque de la notion de culture, pourtant largement reconnue par les citoyens comme une
valeur refuge en temps de crise.

Ces différents paramètres conduisent à s’interroger sur la liberté de création artistique dont la
garantie constitue l’un des fondements et, dans le même temps, l’un des enjeux des politiques
publiques culturelles en Europe (1ère partie). La gouvernance des politiques publiques culturelles
en Europe a profondément évolué, mettant en évidence une complémentarité indispensable entre
acteurs publics et privés et entre acteurs de tous les échelons territoriaux. La fin des rivalités entre
acteurs, la montée en puissance d’une coproduction des politiques publiques culturelles, la mise en
évidence d’une gouvernance originale de la culture entre public et privé feront l’objet d’une étude
comparée approfondie grâce à plusieurs rapports français et européens.
Les politiques publiques culturelles ne souffrent cependant pas seulement d’un problème de
gouvernance institutionnelle, mais aussi d’un problème de financement. L’irruption du secteur privé
au sein de la culture, rendue inévitable par la raréfaction des fonds publics et leur encadrement par
les règles européennes, peut remettre en cause la liberté de création artistique et rendre la culture
dépendante de la loi de l’offre et de la demande. Les experts français et européens du réseau Europa
mettront en évidence ces contradictions et des exemples concrets seront développés lors d’une table
ronde.

Les politiques culturelles, singulièrement en période de crise, sont désormais confrontées à de
nouveaux enjeux et doivent répondre à de nouvelles stratégies (2ème partie). La culture apparaît
comme un élément décisif de développement, en particulier local, renforçant ainsi la cohésion
économique, sociale et territoriale ; la culture peut dynamiser des territoires. A la suite de l’exposé des
rapporteurs européens sur ce thème, l’impact de la culture sur le développement, via l’exemple des
cités européennes, fera l’objet d’un échange de témoignages.

Si la culture est au centre des politiques publiques, y compris, voire surtout, en temps de crise, elle n’est
pas une marchandise comme une autre. Elle apparaît au contraire comme le support de nouveaux
droits, parfois à caractère social. Les droits des créateurs doivent être protégés, tout comme doit
l’être la liberté d’accès à la culture et aux biens culturels. Mais l’antinomie entre liberté de création
et indépendance culturelle, d’une part et pouvoir politique et souveraineté, d’autre part demeure
présente. La culture est l’expression d’une identité. Elle constitue un instrument d’affirmation de
la puissance de l’Etat, de son dynamisme, de sa vitalité, et d’extension ou de confortation de son
influence politique. Une table ronde sur la culture comme espace d’affrontement mettra en lumière la
confrontation des stratégies nationales et les luttes d’influence entre Etats.